Notre logo abrégé représente deux individus d’âges différents symbolisant ainsi le lien social, ils sont ancrés sur leur territoire ou leur organisation (base verte). Leur diversité et richesse de points de vue s’expriment au travers de la palette de couleurs affectée en priorité aux générations futures (le jeune individu est coloré). Ces deux individus sont représentés sous forme d’inukshuk, ou construction de pierres de forme humaine, destinés entre autre à se repérer sur le territoire pour éventuellement rejoindre un aasivik…

Aasivik symbolise l’essence même de la concertation en lien avec les enjeux d’un développement intégré.

Ce terme emprunté à la langue Kalaallisut parlée par les groenlandais se prononce [äsivik]. Traditionnellement, un aasivik (pluriel aasiviit) constituait un lieu au sein duquel les familles Inuit(*) en provenance de différents espaces territoriaux se regroupaient durant la période consacrée à la chasse estivale. En Kalaallisut (langue groenlandaise), aasivik signifie littéralement « l’endroit où l’on séjourne en été ». Les aasiviit étaient par nature situés au sein d’écosystèmes particulièrement riches en faune (migration de caribous, phoques, peuplements piscicoles et ornithologiques) et flore (baies). Les mois d’été étaient favorables au voyage en « umiak » (embarcations traditionnelles propulsées à la pagaie et pouvant contenir une vingtaine de personnes) ou « qajaq » (kayak), c’est pourquoi les familles éparpillées et isolées durant l’hiver arctique entreprenaient un long et dangereux voyage pour atteindre un certain aasivik.

Certains aasiviit étaient régionalement ou même interrégionaux, dotés d’une importance significative car les populations provenant d’aires géographiquement étendues avaient pour habitude de se retrouver à cette période particulière. Ils étaient bien plus qu’un assemblage de camps destinés à la pratique de la chasse estivale. En effet, au sein de la société inuit, les aasiviit remplissent une fonction socioéconomique vitale par le renforcement du lien social entre acteurs originaires de différents lieux géographiques mais ayant pour point commun d’appartenir à un même territoire. L’aasivik offrait l’opportunité de partager les savoirs et croyances ancestraux à travers la narration de mythes, histoires et légendes.

Il prends plus récemment la dimension d’un large forum au sein duquel de vastes sujets aux dimensions politiques et culturelles sont collectivement discutés.

(*) Le terme inuit [les hommes] est le pluriel de inuk [un homme].